Comment j'ai rencontré Odette Traby.

Publié le par Gilbert Desclaux

Comment j'ai rencontré Odette Traby.

Comment j'ai rencontré Odette Traby.

C'était en l'an 79, deux ans avant Tonton.

Porteur d'un projet d'expo-vente au bénéfice d'Amnesty International, j'avais été rejoint par 60 plasticiens : d'espoirs frais émoulus de l'ex École des Beaux-Arts aux vétérans de la cimaise, tous, sans souci de chapelle, offraient de leur travail pour aider l'association. Fallait trouver un lieu d'asile ou accrocher ces œuvres.

Et me voilà crapahutant de mairie en conseil général, de bureau en bureau, de sous- fifres en valets de pied — Les chefs, en ces temps là, ne recevaient pas la piétaille.

« Amnesty c'est quoi ?

« Une bande de gauchistes…

« des anarchistes…

« On ne veut pas de ça chez nous… 

« et puis d'abord, nous n'avons pas de salles disponibles… »

J'en passe et je n'invente rien.

Cette « bande de gauchistes » avait obtenu le Nobel de la paix en 1977, puis en 78 le prix des Droits de l'homme des Nations unies… L'écho ne s'était sans doute pas répercuté d'Oslo à Perpignan…

Nous errions donc sans toit lorsqu'on me conseilla de rencontrer Odette Traby. Je connaissais de vue cette dame discrète, la croisant dans les vernissages. Je ne savais pas qu'elle était en charge de la culture auprès de la municipalité d'Elne. Rendez-vous fut donc pris ou après quelques minutes elle nous offrait la logistique et les cimaises de la mairie. Militante convaincue des Droits de l'Homme — et de la Femme  — Mlle Traby n'avait pas besoin qu'on lui explique les combats d'Amnesty.

L'expo eut lieu en mai / juin avec des résultats très positifs.

 

La suite ? Une longue histoire : La Galerie l'IF, créée avec son compagnon Michel Briqueu, son Cercle des Authentiques Cabochards, La Licorne d'Hannibal… 40 ans d'amitié, de complicité, de disputes aussi (pourquoi les passer sous silence). Jusqu'à ce jour du 4 août 2016 ou Odette tira sa révérence. En toute discrétion… bien sûr.

 

G. Desclaux, jour du 4 août 2017.

 

Photo (?) Odette à côté de Michel Briqueu.

 

 

Publié dans La Revue

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G. SALGAS 07/08/2017 16:15

Bravo pour cet hommage à Odette. Parmi les élus chargés des Affaires culturelles que j'ai pu rencontrer tant au niveau local que régional, je lui décerne un titre majeur pour sa compétence, son activité et ses choix. Certes ses choix correspondaient à une orientation politique et sociale bien affirmée mais sans parti-pris et avec un grand souci d'ouverture à tout ce qui lui paraissait digne d'être présenté à un public hors toute influence de mode et de pression sociale La galerie municipale Terrus lui doit de belles réalisations, et que dire de l'If qui se montrait si accueillant avec tous dans une fidélité à Michel Briqueu? Nous lui avons apporté nos plus chères réalisations, dans le domaine des arts plastiques ou de l'écriture, d'autres dans celui de la musique. J'avais eu personnellement l'occasion d'écrire le texte d'un Son et Lumière présenté à la Cathédrale d'Elne et réalisé avec la collaboration de la F.O.L. (Fédération des Oeuvres Laïques) qui comptait alors dans le paysage culturel du pays. Nous avions obtenu un deuxième prix d'animation de la part du Service des Monuments historiques rattachés au Ministère de la Culture. Depuis l'If répercutait le goût du bien vivre et de la qualité artistique. Oui, Odette la discrète, comme l'écrit Bernard, mais avec compétence et sens de l'engagement personnel.

Bernard 05/08/2017 10:08

Odette la discrète... Elle a sa place au Panthéon des Cabochards.