Registres et tonalités

Publié le par L'Insipide

Registres et tonalités

REGISTRES  et  TONALITÉS
ou
pour  une écoute multi-réceptive.


Il arrive bien souvent que nous parlions la même langue mais en des registres différents. Un peu, comme en musique deux interprètes jouant les mêmes notes mais dans deux tonalités différentes. Il est vrai que sans variations de tonalités, Bach n'existerait pas...
Notre président Macron, Jupiter selon les uns, Zeus selon les plus lettrés ou Dieu le Père pour tous, s'est-il probablement fourvoyé en prenant comme affront et atteinte à sa majesté, l'expression du Général De Villiers : Je ne vais pas me faire baiser!... Il est vrai que dans l'apparat élyséen, il serait mal venu d'utiliser de telles formules, quelle que soit leur force expressive; pourtant l' expression se faire baiser en son emploi métaphorique est aujourd'hui courante dans le langage familier certes mais elle a perdu par son usage répété toute inconvenance ; on l'agrémente parfois de se faire baiser la gueule. Le général de Gaulle lui-même, dont chacun se recommande aujourd'hui, y compris les coureurs du Tour de France,  usait fréquemment de cet argot en uniforme. Il faut savoir en effet que chacun emploie dans ses propos une langue liée à son milieu social, à son éducation, à sa richesse créative... et à l'air du temps. Or l'un des principes fondamentaux dans les théories de communication est de s'adapter à la langue de son interlocuteur afin de l'appréhender, son interlocuteur, dans sa personnalité, comprendre et prévoir son argumentation pour donner plus de poids à la sienne. Quand je m'adresse à un vieil et authentique ami par la formule : Comment vas-tu, vieux connard... il ne s'attache pas à ce qui pourrait passer pour insulte : vieux connard. Il y trouve même une marque de tendre familiarité. Il faut n'avoir jamais perçu le bruit d'une cour de caserne, ce qui est, dit-on, le cas du président Macron, pour ignorer les us et coutumes du milieu militaire. Vos gueules nom de Dieu,  garde-à-vous, et silence dans les rangs! A coup sûr, il manque à notre président une imprégnation dans des milieux autres que l'Enarchie, ou le Touquet, banlieue du 16ème arrondissement parisien, bref d'avoir pris un grand bain dans la France profonde et authentique  à l'écart du dire chafouin des salons huppés. Dans ce genre-là, Sarkozy avait un plus riche bagage. Quelques cours de communication et quelques bains de foule à l'écart d'un périmètre gendarmesque seraient sans doute du meilleur effet, avec arrêt sémanticien proloingé au chapitre des niveaux de langue. Et pour compléter le tout, une lecture de la série des Bérurier chez San Antonio.

 

Publié dans Parle à mon Q.I.

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un homme des casernes (bis) 23/07/2017 17:01

Après les bidasses, dits fort justement hommes des casernes, qu'attendez-vous pour vous en prendre au clergé, à ses pompes et à ses oeuvres? visitez un peu la sacristie de ma paroisse

un homme des casernes 23/07/2017 16:54

Si tous les cocus portaient des clochettes... et la suite...

sergent ce n'est pas du tout de mon cru 23/07/2017 16:50

Soyons sérieux...Entre le baiseur et le baisé de quel côté penche la balance?...

Général Thiên Voîladhug Bou Dheng 23/07/2017 15:17

On reproche à mon confrère d'avoir mis en scène sa démission. On pourrait plutôt reprocher à certains d'avoir mis en scène leur intronisation avec force moyens !

fERDINAND duglaieul 22/07/2017 17:30

Ne pas oublier qu'un militaire est parfois appelé: "homme de casernes"

Bernard 22/07/2017 09:24

On prête à de Gaulle ce mot adressé au général Massu : "Alors, Massu, toujours aussi con ?" Et Massu aurait répondu : "Toujours gaulliste, mon général !"