L'écriture est le plus gentil devoir…

Publié le par Jacques Queralt

L'écriture est le plus gentil devoir…

L'écriture est le plus gentil devoir que l'on doive aux vacances, si mal nommées congés.

Le verbe avancer que tu t'apprêtes à mettre dans la course le préfères-tu, tête ou pieds-nus ?

Là pour faire une bonne omelette, il fallait bien savoir battre les œufs, ici pour réussir la cohérence et la saveur d'un texte, il ne suffit pas de savoir battre les mots et de les livrer à la poêle... (à toi de parachever).

Le sang ne prend que certaines couleurs de nos encres.

A lire cet A ou ce B tu penses que je peux mieux faire qu'eux, les pauvres; mais à lire X, Y ou Z, tu baisses ton caquet littéraire et tu fermes ton clapet et tu relis : J'aime  Gonzalo Celorio. Connaissez-vous son livre (inclassable) "Le voyage sédentaire"?

Je ne m'assoupis jamais. La déraison n'est pas de mon fait. L'encéphalogramme est clair.

Attaché -par un vœu déjà ancien- à la tache et au buvard il n'avait le goût d'aucun clavier. Le boucan dactylographique, même réduit à sa plus petite définition, étouffe les souffles de la plume qui peine ou jouit.

"Je n'aime pas écrire un long roman. je ne suis pas porté vers les sagas. J'écris plutôt court et dialogué, pour ne pas trop forcer l'attention d'éventuels lecteurs. Ce que j'écris? Une sorte de scénario, voire un synopsis... déjà prêt à mériter le film ou le téléfilm."

Une idée délirante et une idée avec une très longue chevelure rousse qui lui bat les fesses.
A me voir, vous pourriez me prendre pour un affidé à la "tweeterature"? Ce que je ne suis pas, n'en déplaise aux captifs des réseaux sociaux.

Le complément d'objet rue dans les brancards, il ne veut pas être l'âne bâté, taillable et corvéable à merci de ce Monsieur qui s'estime avoir du style et plastronne dans les salons de plein air du livre.

Vous n'aurez pas de sitôt l'oxymore et l'anaphore, actuellement en rééducation après avoir été malmenés par les roucoulades présidentielles.

Avez-vous été témoin d'une rixe entre parenthèse et crochets se disputant la souveraineté d'une citation d'auteur classique ?

Il traîna la phrase jusqu'au bord de la page. Il ne pouvait pas-laissa-t-il comme note en bas de cette page-la laisser en plan rongeant des points de suspension au milieu ou aux trois-quarts de ligne.

Il est des pages blanches qui énervent à force de vous faire des doigts d'honneur et des pieds-de-nez et que l'on abandonne à la jachère ou à un laboureur au soc plus inspiré.
William Burroughs, père du cut up et saint-père du copié/collé !

Il lui sembla percevoir comme un éclaircissement de voix. Il dirigea son regard sur le silence. Non, ce n'était pas lui . Il le voyait qu'il n'avait rien à dire, qu'il était tout surpris de son pénible regard interrogateur. Ce n'était qu'une fausse impression de bruit.

Je vous prends au mot ne veut pas dire je vous prends au collet, excepté bien logiquement s'il dit je vous prends au collet.

Ce menu plaisir d'entendre crisser jusqu'à l'ébrèchement ma plume sur la feuille de papier, non -épargne-toi le contraire- tu ne peux le ressentir en me lisant sur ton écran.

Quelle est la distance chlorophyllienne entre la marche en campagne et les flânerie en ville? La synthétiser en sept inspirations.

Avait-il le droit, Sa Majesté Sévère, de priver ses petits d'une découverte de Versailles?
 

Illustration : Gonzalo Celorio

Publié dans TROUVEUR

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