Heureux qui…

Publié le par Alain Surre

Heureux qui…

Heureux qui comme un cabochard a festoyé

Des laudes jusques aux vêpres puis rimaillé

Tantôt, sur les pavés, des vêpres jusqu’aux laudes

Sans jamais s’estourbir, sans craindre la maraude.

 

Heureux qui comme ce mendiant sous la Grand ’Ourse,

Une nuit rebelle de grande lune rousse

Est devenu mécène et puis s’en est allé,

Céleste vagabond, quérir d’autres palais.

 

Celui-là, celui-ci, ma foi, auront vécu,

Une nuit faste, un jour sans gloire et sans écu,

Avec pour seul viatique un long poème épique

 

Quand d’autres n’ont trouvé que ce tiède confort

Dedans leurs quatre murs, si loin du réconfort

Réclamé par le cœur et la métaphysique.

 

Illustration : Brueghel le Jeune

 

Publié dans Les temps modernes

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un de moyenne altitude 05/07/2017 09:12

Bravo pour cette leçon pleine de sagesse et d'a-propos poétique.