J'aime le chaotique...

Publié le par Jacques Queralt

J'aime le chaotique...

= J'aime le chaotique... mais n'invite personne à s'y enchaîner. J'aime le chaotique... sans savoir s'il est en moi ou me vient du monde, par osmose.
= Comme quelqu'un jaillissant d'un long coma avec sa vérité sur les lèvres, il tonna tout en raclant le fond de sa gorge je sais bien qu'on ne parviendra jamais à punaiser la pin-up du temps qui passe.
= Le talent a bien des fois besoin d'un remontant (je préfère ce terme qui indique une montée de marches, donc une ascension à celui de stupéfiant que me parait plus paralysant). Le talent, répéta-t-il, a besoin d'un remontant, le génie jamais.
= Que faisait-il, allongé sur une fourmilière d'éclats de verre, un gros œil tuméfié et goguenard en lieu et place du nombril ? Le commissaire Lorgnon restait perplexe.
= Brassens par-ci, Brassens par-là ! Mais vous ne voyez donc pas qu'il s'est trompé. Il n'y a plus d'amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics !
=  Mademoiselle Misère feuilletait le nouveau catalogue des voiles pour voir celui, en mousseline ou satin de soie, qui le mieux siérait au port de sa tête et ferait jaser le moins son voisinage.
= Il est des perles qui n'aiment guère que l'on rappelle leurs origines huîtrières mais qui ont des mélancolies aquatiques.
= Il s'est parlé tellement fort et longtemps à lui-même qu'il en est devenu sourd. Et la grande presse fit une grosse manchette sur cette ânerie.
= Il abuse des  pots pourris... Oh! vous savez en fin d'année après avoir fait bombance, on débarrasse, on liquide tout ce qui traîne. On est pressé de passer à autre chose,et on se veut moins regardant sur ce que l'on laisse au passé, et on empote, empote n'importe quoi!
= Il est des polémistes qui ne sont que des baveux de l'argumentum. Ne dégaine pas pour si peu !
= Il me dit vous êtes trop abstrait. Je m'étonne qu'il me le dise sur un ton nasillard et de reproche. -Si, c'est bien trop abstrait. Cette récidive me fait prendre la mouche et je lui claque le bec par un limpide et ça c'est plus concret, plus figuratif!
= Il est des Egos qui exigent un nœud paps et d'autres qui ne pleurent même pas pour un foulard.-Quelle étrange chose que de mettre l'Ego autour du cou !
= Le chercheur poussa un cri de joie et attira tous ses compagnons de laboratoire, ça y est j'ai trouvé leur annonça-t-il le stade intermédiaire entre l'œuf et le poussin, c'est... c'est.. c'est l'omelette. Tous les présents à l'exception d'un seul applaudirent. Le solitaire fit alors entendre sa vérité. Non, pas l'omelette, mais l'œuf poché et tous les présents de se rallier à l'unique, au discordant, au solitaire et de maudire le démagogue de l'omelette.
= S'il écrivait comme Paul Morand ou Jean Echenoz, ça se saurait, on le vouerait pour plagiat aux Gémonies.

= Celui qui déménage doit savoir où il habite, ce n'est hélas ! pas toujours le cas.
= Antan - et l'on croit que cela fait longtemps - le serf était attaché à sa glèbe, sa houe et son soc. Aujourd'hui, que suis-je moi, attaché à mon informatique, à mon smartphone et à ma tablette ?
= Lire à... haute-voix c'est comme lire... deux fois. Mais pour réussir il ne faut pas avoir la gorge nouée.
= J'ai dit au bon sens de rentrer chez lui, que mon toit ce n'était pas le sien. Dehors bon sang de bon sens !
= Moi, je me laisse porter par les vents de l'histoire. Certes, mon bon ! Mais, vous êtes plume et moi, hélas, je suis rocher.
= Il est des baisses dont on peut dire qu'elles équivalent, par leur soudaineté, à des chutes.
= On tire trop sur le pis du people. -Mais nous avons le devoir d'étancher la soif de celles et ceux qui ont soif !
= J'ai vu un vieil homme, qui fut sabotier de son état, accompagner d'un pas allègre la course des saisons mais se plaindre de l'hiver.
= A sa façon de ne pas répondre, de contourner, d'esquiver toute nouvelle reprise, on comprit que La Banque des Neurones l'avait insuffisamment gratifié pour qu'il puisse tenir jusqu'à la toute dernière reprise.
= Pourquoi je ne me montre pas ? Parce que je ne suis pas de ce bois  dont on fait les marionnettes.
= Pour monter ou descendre mon escalier j'ai deux rampes l'une, ne vous en déplaise, se nomme Michel de Montaigne et l'autre, je vous l'avoue sans hésitation, Charles Dickens. Ils assurent mon pied sur la bonne marche.
= A qui faire la cour? de qui étriller la monture ? de qui lécher le fondement ? Combien de bottes à cirer pour bénéficier de son apanage ?
= La Bienveillance, messieurs les Anthropologues, est-ce de l'Inné ou de l'Acquis ?
= Il m'interrogea sur mes lectures pré-adolescentes, il s'attendait à quelque Jules Verne, je lui répondis Mathias Sandorf, il sourit et poursuivit mais encore... peut-être s'attendait-il à quelque Hector Malot, ou que sais-je Victor Hugo, mais il n'eut qu'un Jean de la Varende, "Nez de cuir" criai-je.
= Lorsque je lis un roman, je sais que je participe aux émotions qu'il me procure, j'en suis comme le co-producteur, mais quand j'écoute une chanson, ce n'est pas pareil, je suis passif et l'on se lance - violemment-sur moi ou l'on s'insinue - subrepticement - en moi, bref on m'agresse,  oui m'assomme on me bouleverse.
= Il suçait ou croquait les mots comme des bonbons, jusqu'à certains gros mots qui emplissaient de délices son palais gourmand.
= Le même et l'autre souvent jouent à saute-mouton. Imitons-les !
= Il ne faut pas rire de l'inachevé ou de désaffecté, ils nous aident aussi à faire bouillir notre marmite d'ermite.

 

Publié dans Poinçonneur

Commenter cet article