Une heure de plus

Publié le par Alain Surre

Une heure de plus

Une heure de plus

Aujourd’hui 29 Octobre. Ce soir on change d’heure. On va rattraper celle qu’on avait perdue aux premiers jours du printemps, alors je me dis que peut-être demain tout ira mieux, tout rentrera dans l’ordre.

Ou peut-être pas. Car chaque année, depuis belle lurette me direz-vous, c’est du pareil au même. Je sais. Si quelque chose avait changé, on s’en serait aperçu. Il n’empêche, qu’au nouvel an par exemple, on espère et on se souhaite bien une « Bonne Année » après que les aiguilles ou les affichages digitaux aient signalé la dite frontière temporelle. Avec le compteur des heures, des jours et des mois, tous remis à zéro, on se dit qu’on a plus de chances de repartir sur le bon pied. Cependant, même un changement de millénaire ne nous a pas apporté la dose de bonheur qu’on était en droit d’attendre. Il y avait pourtant, cette fois, trois zéros bien alignés ; c’était classe ! Moi, ça m’avait impressionné. Et bien non, pas de miracle, pas plus d’ailleurs que de catastrophe … informatique ou autre. Le « bug » n’a pas tout figé et le « Net » n’est pas tombé. Ouf ! Entre temps nous avons passé 2012, un astéroïde géant nous frôla en 2015 et nous sommes encore là, avec nos soucis, nos amours, nos emmerdes, la compression du personnel, la dépression généralisée, la spéculation, l’évasion fiscale, le trou de la sécu, l’obésité, la faim dans le monde et ce temps contre lequel il faut se battre pour en gagner plus, grappiller sans cesse car le temps, nous dit-on, c’est de l’argent. Et moi qui croyais tout simplement, comme Rabhi, que le temps c’était de la vie.

En attendant, bien heureux de récupérer cette heure qu’on nous avait subtilisée. Pas pour la convertir en espèces sonnantes et trébuchantes, oh non, mais pour s’accorder plutôt un supplément de volupté, en s’attardant paresseusement dans les bras de Morphée car, dit en langage actuel : le sommeil n’a pas de prix, et il a, par ailleurs, l’avantage certain d’instaurer une trêve dans le dérèglement des choses humaines.

Illustration : Arman : "L'heure de tous"

 

Publié dans Les temps modernes

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