Toutes les nuits

Publié le par Sylviane Blineau

Toutes les nuits

 

Toutes les nuits s'étaient donné rendez-vous
Dans un grand rire de roman.
Toutes les nuits embrassées de soupirs.

Vénérable figuier des murs,
J'étais le granit du calvaire,
La poudre du chemin des vents,
La pente infiniment tranquille.

Assise en attente de mai,
Du temps je gardais les empreintes,
Sans mesure,
Sans découragement,
Juste un peu lasse et raccourcie...
Du temps, j'avais franchi le cercle,
Corrosive aux dénis de chair.

Toutes les nuits jaspées de nuit,
Tous les silences d'anthracite
S'étaient levés, forgés d'automne,
Suspendus d'ébène à l'horloge.

Mourait la figue-fleur.

Vivement s'esquivait alors
Aux greniers rassurants la chatte,
Sans moi,
Rendez-vous d' autres nuits.

 

Publié dans ESSEBÉ

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