… sur les sols d'Absurdie …

Publié le par Jacques Queralt

… sur les sols d'Absurdie …

Il n'est pas aisé de se déconnecter de la tourbillonnante, sonnante et trébuchante actualité, essayons tout de même par quelques pas de danse sur les sols d'Absurdie-Hihi !

Un instant j'ai eu un doute, mon cœur s'est accéléré, j'ai procédé à un zoom d'agrandissement, il n'y avait plus de doute, ce que j'avais cru être une perle, n'était qu'une banale et minuscule bille de pierre, mais qui donc avait pu me faire une si périlleuse farce ?

Le tranchant de la  hache rougit de honte contre l'écorce qui s'entête.

Par malheur, Nini, nous ne sommes pas tous chocolats au même moment, d'où l'amertume de quelques.

Les chuchotis des corps qui se déprenaient avaient réveillé la chauve-souris.

Nos yeux s'ébrèchent plus vite que nos ongles à vouloir forcer les murs.

Retrouver un vieux mot comme l'on retrouve un ami d'enfance depuis trop longtemps perdu de vue, l'embrasser sur la joue, le prendre par l'épaule et faire quelques pas, les deux enlacés, et tant pis pour ceux qui ne savent pas ce qui nous a réunis et nous jugent seulement ivres, à présent titubants.

Où est-il le temps où nous mesurions nos attentes au volume des monceaux de nos mégots? Qu'est elle devenue, l'innocence de nos poumons ?

Meurtri, et geignant, il ne voyait pas qui pourrait le tirer du buisson piquant d'incohérences, dans lequel, il s'était si piteusement empêtré.

Il fit appel au sommeil, rien. Il contourna celui-ci par le rêve, rien. Il insista, par le cauchemar, rien. Il fit appel à la mémoire, que du creux, qu'un grand vide, rien. Alors, il s'adressa à l'imagination. Elle dressa chapiteau, installa barres-fixes et trapèzes, accrocha des cordes, tendit des fils. Bonne fée, un peu folle, elle lâcha ses musiciens et ses fauves, ses acrobates et ses clowns. Et, elle lui dit, poitrine affermie, diadème sur la tête, baguette à la main, émue mais tout son corps offert aux étoiles qui les regardaient, veux-tu que je continue ? Ses lèvres esquissèrent un joli mot. Elle fit deux pas de cendrillon vers lui. C'était le dernier tour de piste. L'imagination baissa le rideau.

Quand vous sentez que le récit vous porte, descendez les voiles,  lâchez les rames, arrêtez les moteurs, laissez-vous emporter, dérivez... et que vous importe le récif,  le port  ou la rive d'arrivée. Jouissez de l'écriture !

On le pensait de roc et tel il avait été statufié. Non sans débat. Du marbre avait dit l'un, du granit avait dit un autre et un troisième -qui unit les deux concurrents contre lui- du béton. Ce fut, au final, et pour purger le débat de toute animosité déplacée, de la pierre reconstituée.

La route était longue et leurs larmes brûlantes : bien des fossés s'en souviennent.

Un bouleau solitaire sur un flanc de coteau venait de perdre toutes ses feuilles et, encore tremblant, me demandait pourquoi le vent l'avait secoué avec une telle  rage ? En quoi avait-il démérité ? Qu'est-ce qui avait été défectueux dans sa faction ? Je ne sus que lui répondre mais ma main frôla son tronc.

Comme si tous les artifices ultra-lunaires et stellaires pouvaient  rendre -fol espoir des engeances prométhéennes- nos nuits à venir moins obscures!

Là il faudrait réduire sinon supprimer totalement ces drums et instiller, à la place, un peu de violon bondissant, oui, vois-tu, à l'ancienne, quelque chose qui pourrait rappeler Stéphane Grappelli.

 

Publié dans La Revue

Commenter cet article