Légèretés et inconséquences …

Publié le par Jacques Queralt

Légèretés et inconséquences …

 
Légèretés et inconséquences pour tenter de coudre des petites et grandes blessures du temps présent
 
Vivre en étranger dans un pays qui ne me demande pas qui je suis.
 
Poseur ? Sans doute mais n'exagérez pas.
 
La cosmétique sait entretenir les faux airs de famille, de Madrid à Moscou,
et de Saint-Féliu d'Amont à Saint-Féliu d'Avall.
 
Être un modeste grillon qui chante loin des chorales de cigales.
 

Tissons ! Tissons l'espoir ! D'accord mais avec quel fil si nos moutons ne se laissent plus plumer ou ne rappliquent plus aux urnes à nos coups de semonce.
 

La poésie de la rue, me disait Boileau, mon ami parisien, n'est plus ce qu'elle était. N'ayant jamais eu le pied montmartrin et moins encor élyséen, je n'ai su quoi lui répondre.
 
Il ne sert à rien de lutter et de vouloir renverser le temps. Lui, super-costaud, se relève toujours.
 
On demanda à l'auteur, là lorsque Adam pose un regard un peu lourd sur le sein droit d'Ève, manifestement, vous voulez nous dire quelque chose, à quoi en ce moment précis du récit, pensez-vous, et que voulez-vous nous dire, nous faire comprendre ? L'auteur répondit, oh! vous savez moi j'écris, j'avance, j'accroche, je retranche, je retourne, j'embellis, je dévoie des mots et des mots, non vraiment je ne pensais, alors, à rien de bien précis, je ne voulais rien dire, sinon vous n'auriez eu aucune difficulté, comme vous me le montrez à présent, à me comprendre, non je voulais simplement continuer de me faire plaisir, de jouer aux mots avec une petite teinte biblique.

 
L'Indépendant, journal républicain d'une Occitanie élargie nous apprend qu'un voyageur de commerce a surpris sortant de chez Vulcain, M. Damoclés tenant en main une épée, éclatante, au tranchant nouveau. Le voyageur a indiqué à notre correspondant, précise le journal,  "les yeux de M. Damoclés roulaient des billes de feu".
 
Je sais l'aphorisme est une philosophie de garage dont les amateurs se devraient de se ranger aux premières taches de cambouis.
 

Il est clair que le mot BREXIT doit être accueilli avec diligence dans les dictionnaires de mots nouveaux ou barbares de toutes les langues européennes, les in et les out-naturellement.
 
Il rêvait de chatouiller les pieds des fantômes mais nul n'a jamais pu lui dire si les fantômes, la nuit, marchaient pieds-nus.
 
Le sang  (encore faut-il s'interroger sur l'ontologie des sens secrets) désigne également une odeur putride de pétrole.
 
Sa joue m'offrait le velouté doré de la peau d'un abricot, mes lèvres, fascinées, s'y sont posées.

 
Les chefs-d'œuvre nuisent-ils à la santé intellectuelle des hommes ? Certains le pensent que l'on appelle iconoclastes.
 
Le prêtre bénit, le cheval hennit. J'écris et...je blêmis.
 

J'aime les "a" qui se coiffent. L'un, avec sa casquette visière sur le front, l'autre, visière sur la nuque, ça a de la gueule, mais moi celle que je préfère, c'est ce troisième, vieux prince à l'élégance inimitable, avec son petit chapeau.
 
La sottise c'est une coquille vide de pensée. Et celui qui, ici-même, écrit est une coquille vide de toute chair mallarméenne ou oulipienne appétissante.
 

Méfions-nous des réseaux, me dit une éminente  chartiste, ils nous enferment. Vite, à nos cisailles!
 
Que celui qui part à sa propre recherche n'oublie pas son sac au dos. Bien rempli.
 

Quand tu sens des gorgées de bavardage qui montent en toi, retiens-les, ne les crache pas, on ne mérite pas la charité brutale de tes dégâts.
 
Le blanc de la page ne cache pas toujours ce que l'on n'a pas voulu écrire.
 
On peut admirer ou craindre un insecte comme on admire ou craint une fleur, un papillon, un oiseau, un arbre.

 
Être là où le fa dièse pète un plomb et devient fadaise, oui j'articule fa-daise.
 
On rit dans sa barbe mais jamais à la barbe des m
ots, quoique. (Hommage à Raymond Devos)

 

Seul un loup de mer comme p'tit Louis peut assurer qu'il existe plus de dangers dans un port qu'en haute-mer.

Légèretés et inconséquences …

Publié dans Poinçonneur

Commenter cet article