L'existence et l'essence…

Publié le par L'Insipide

L'existence et l'essence…

L'existence et l'essence,  propos à prétention philosophique.
 

Il l'avait bien dit le philosophe cubano-marxiste: L'existence précède l'essence. C'était un après-midi dans les années 45 au Vieux Colombier à Paris puisqu'il n'est bon bec que de Paris. Bêe-Hache-Elle portait encore couche-culotte, Sollers, Foucault avaient à peine l'âge de la première communion. Il y avait néanmoins ce jour-là dans l'assistance, Raymond Aron, Maurice Merleau-Ponty et d'autres vieilles carcasses raisonnantes. La phrase-clé, le refrain ou le tube de nos devoirs de philosophie avait été lancée : L'existence précède l'essence, citation bientôt gravée dans la moleskine du Café de Flore. Depuis, les temps de l'Histoire ont changé et notre aujourd'hui propose de troublantes variations à la phrase emblématique. Car pour moi, familier de la pompe, Leclerc, Super U, Carrefour, ou Auchan, l'essence c'est, sans conteste possible, ce produit inflammable venu de l'Orient comme les grands prophètes et nécessaire à la marche en avant de notre monde. Moi, me dit Alfred, pilier gauche de mon bistrot de quartier et grand amateur du pétrole jaune sinon rien, si je n'ai pas mes vingt litres hebdomadaires, je n'existe pas. Toujours cette relation essence-existence. Car une bagnole sans carburant, c'est comme ma basse-cour sans mes cocottes. Et vas-y Alfred champion du raisonnement par analogie : c'est comme le sésame qui résout tous les problèmes. La France c'est comme un navire sans pilote, le monde d'aujourd'hui c'est comme une marmite en surchauffe. Alfred a toujours le dernier mot car il ramène tout à tout, Avec lui c'est la plénitude des équivalences, et du trop plein de sens. En parlant de trop plein de sens je reviens à la pénurie d'aujourd'hui. Alfred qui est parfois savant lorsque l'occasion s'en présente, me sussure : pénurie, c'est à mon oreille étymologisante un terme médical qui conduit à des problèmes de prostate: peine-urie (de urologie, urique etc... difficulté de miction). Mais Alfred déraille dès que sa pensée descend d'un cran. Mieux vaut en revenir à celui qui avait osé dans les années cinquante confronter l'existence et l'essence ou l'être et le néant.
 
                                                                                        

Publié dans Parle à mon Q.I.

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Ducon 27/05/2016 11:03

Oui, l'existence précède l'essence... mais l'essence n'en a rien à f...

Farfouille 27/05/2016 10:57

oui, l'existence précède l'essence... et vice versa

Epistémon 25/05/2016 21:25

Quelle belle soirée ce 29 octobre de 1945 au Vieux Colombier. J'étais assis au 3ème rang sur la gauche. Je sentais les postillons du philosophe auréoler mes oreilles. Un triomphe à la Johnny Halliday. Un tabac, quoi... le nec plus ultra de la pensée philosophique telle qu'elle se pratique en France. Même Simone de Beauvoir était capable de m'émouvoir ce jour-là. Sartre a été aussi brillant qu'Ibrahimovic au PSG. Demandez à Boris Vian ce qu'il en pense (voir l'Ecume des jours). Et depuis j'entonne chaque matin: Je suis sartrien,
c'est là ma gloire,
mon espérance et mon soutien.