Rétrospective Jean Ferrat, ou du bon usage de M. Drucker.

Publié le par L'Insipide

Rétrospective Jean Ferrat, ou du bon usage de M. Drucker.

Il glisse sans heurt sur la ligne médiane des convictions politiques, là où tu ne peux chuter ni à droite, ni à gauche. Il est encore le gentil garçon qui écoute sagement les leçons de papa et maman, un maillage serré de prudence et de circonspection, capable d'affronter toutes les intempéries. Car les émotions fortes, les scandales et les audaces lui apparaissent toujours avec cinquante ans de retard, quand le plat est refroidi et ne peut donner qu'un fade brouet. Les hommes en salopette tachée de cambouis du quai de Javel ou de Boulogne-Billancourt, les excités aux slogans libertaires, il s'enhardit à les prendre dans ses mains aujourd'hui que les fleurs en sont fanées et leurs parfums évaporés. Car hors de son actualité, tout événement se désubstantifie. Il n'en reste qu'un document froid et poussiéreux dans un vieil album de famille rangé dans un grenier aux objets surannés.
Or voilà ces jours-ci que notre présentateur à tout faire entreprend d'évoquer Jean Ferrat. Mais l'audace et la conviction du chanteur-poète à l'âme révolutionnaire, sont restés à la porte du studio d'enregistrement. Ferrat ou Aragon, le P.C. de l'époque, les luttes sociales ne suscitent que le regard curieux de qui se penche sur des coléoptères épinglés au fond d'un carton. L'omniprésent et l'inoxydable Drucker va-t-il un jour nous enflammer le cœur au présent des événements ?... non il connaît trop bien la leçon des historiens : ne jamais traiter les faits à chaud. Les laisser se décanter, tomber en hypothermie, éventuellement en poussière
Voilà pourquoi Michel Drucker sera toujours de notre temps et restera de tous les temps ; le passé ne pèse guère sur ses épaules : il en évoque des éléments, des peurs, des colères ou des révoltes du temps où tous les Français étaient dans la Résistance, et protégeaient les Juifs des traques nazies, s'insurgeaient unanimement contre les pratiques colonialistes, en somme l'histoire vue à travers des lunettes roses. L'on peut ainsi, en toute bonne conscience, se vêtir de candeur et de lin blanc. Les chants révolutionnaires s'interprètent chez lui en mineur, voire en sourdine et bien après que la SACEM les a  rangés dans les tiroirs d'archives. Le passé le plus ardent se folklorise ainsi, et comme dit la chanson soixante-huitarde : car le passé, c'est le passé.
Certes avec lui, match nul au cœur de notre mémoire : ni résurrection, ni profanation. Circulez, y a rien à voir.

Dormez bonnes gens, ce ne sont que fantômes qui passent dans le gris cortège des ombres, des instants flous d'une colère depuis longtemps apaisée même si quelques cris bourdonnent encore timidement à vos oreilles. Aragon est le gentil poète de l'amour pour classes de cinquième, les luttes ouvrières, une immense rêverie. La preuve en est que le Grand Soir n'est jamais advenu. Alors rétropédalage pour tous : Drucker est aux manettes.
 

Et Ferrat dans tout ça?...

Illustration : Caricature HOURS.

Publié dans Parle à mon Q.I.

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L'orfèvre 05/01/2016 20:16

Réponse à Blaise Pascal: Pour la Saint Eloi j'irai c hercher deux confrères pour faire ce que dit la chanson: Trois orfèvres A la saint Eloi... et la suite à trouver dans gougueule

Blaise Rascal 05/01/2016 20:39

Rascal, camarade orfèvre… Rascal, pas Pascal !!!

Bichon Patapôum dit l'orfèvre 05/01/2016 16:48

Arrêtez de charger Drucker: il n'a pas chanté l'Internationale aux côtés de Georges Marchais, et toi François Moyen, où c'est que tu étais dans la bataille de Verdun? Je ne t'y ai pas vu baillonette au canon. Quant à Sébastien, il a inventé le MOI, JE et la vulgarité télévisuelle du sam'di soir après l'turbin. Faut bien que j'en est pour mes euros de redevance. Au Lido, au Croisy Orse c'est bien plus cher et bas les pattes même si tu attends les nimfettes à la sortie. Excusationnez les fotes d'ortografe, ma seule école, c'est Drucker et Sébastien.

Blaise Rascal 05/01/2016 17:00

Dis donc l'orfèvre, que fais-tu pour la saint Éloi ?

Bouiboui Janot 05/01/2016 14:30

Si que y aurait pas Drucker, qui s'est qui passerait le dimanche après midi avecque mézigue, eh Patate...

François Moyen 05/01/2016 14:42

Le service public du PAF, les plus belles fins de semaine du monde : Samedi soir, dégustation de sardines avec M. Sébastien, le dimanche après-midi avec M. Drucker, trempage de mouillettes dans une bonne tasse de camomille !!!

Ducon Marcel 05/01/2016 14:27

tu regardes trop la télé

Dédé la Saumure 05/01/2016 17:27

Moi je suis pour les sardines. Patrick Sébastien, un génie; il remplit ma boutique tous les sam'di soir. Et ça balance.