Descente en apnée

Publié le par Michel Gorsse

Descente en apnée

C’est à propos de tout et de rien qu’on est le plus souvent inquiet. C’est à la fois le remuement des astres et la contrariété d’un cheveu sur la soupe qui vous donnent des bouffées d’angoisse. On n’arrive pas à circonscrire la racine du mal. Elle est partout et nulle part. De quelque côté qu’on se tourne, le nœud dans l’estomac se resserre.

Ce n’est pas violent, c’est même doucereux, liquoreux. Vaguement répulsif. C’est quelque chose qui vous aspire, à la paille, lentement, sans vous broyer. Quelque chose qui escamote un à un vos paysages vous laissant à la fin dans un tel désert qu’on sent bien qu’on y est enfin, au fond du fond. Dépenaillé jusqu’au trognon.

Se sentir dépenaillé jusqu’au trognon et se mettre orgueilleusement sur son trente et un.

Illustration : Buster Keaton…

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Un des bas cantons 01/12/2015 14:26

Manifestement une peur nous tiraille - depuis peut-être des temps géologiques -
de quelque abysse d'où nous nous serions fait la malle.
Vas savoir ?

duglaïeul ferdinand 30/11/2015 14:49

Courage, Kamarade, c'est en touchant le fond qu'on peut se propulser vers la lumière. Crois-en le vieil Archimède