L' Hier et l' Aujourd'hui

Publié le par L'Insipide

L' Hier et l' Aujourd'hui

L' Hier et l'Aujourd'hui
 
Ça bataille et ça ferraille dur dans le Landernau catalan : à ma droite, le front catalano-catalan, partisan forcené de l'indépendance ; en face, les nationaux franco-français dits jacobinistes, défenseurs d'une identité nationale de Dunkerque à Cerbère, qui remplace ainsi le Tamanrasset d'antan. Et l'on s'étripe allègrement à coups d'arguments historiques et surtout d'humeurs belliqueuses portées par un fatras de rêveries. L'histoire est un piédestal ou un tremplin fort malléable, chacun en use à son gré. Le débat est ouvert, n'y entrons pas de peur de prendre quelque mauvais coup.

 

L'histoire est encore présente chez Nadine Marano qui manipule des ambiguïtés à relent raciste en se recommandant du très Vénérable Général de Gaulle, dont chacun ici se fait l'héritier. Or la vibrionnante députée européenne oublie que les mots, et à plus forte raison les textes qu'ils constituent, ne prennent sens que dans et par leur contexte événementiel. En extraire un micro-élément pour l'actualiser est une opération dangereuse, voire manipulatrice.
 

Aux baroudeurs de la catalanolâtrie, il convient d'indiquer que bien des années se sont écoulées depuis l'époque franquiste et la mise sous l'éteignoir de la langue et de la culture catalanes ; le ressenti d'aujourd'hui chez nos compatriotes roussillonnais n'a plus l'intensité ni la résonance des années passées. La nova canço qui exhala en son temps un air de liberté semble aujourd'hui avoir perdu toute verdeur. De la même façon, chez nos voisins occitans, les coups de gueule de Marti le Carcassonnais, chantre d'une Occitanie libre exprimée par la formule choc : Som colonisatz, n'appellent plus à une croisade mais exhalent seulement un parfum de fleurs fanées. Tel est l'obscur cheminement de l'histoire abandonnant ici et là quelques empreintes d'un temps révolu.
 

Certes il serait abusif de mépriser les combats idéologiques d'antan : ils sont liés à leur temps et doivent être appréhendés comme tels, tout comme les propos gaulliens. Il y eut, et l'on aurait tort de le nier, des engouements qu'on ne peut ignorer. Mais tempus fugit, et Valéry avait noté en son temps que toutes les civilisations sont mortelles. A plus forte raison, nos modes de pensée, rapidement solubles dans le temps. Si la nature nous offre le spectacle d'un temps cyclique, il faut admettre que nous, humains secrétons un temps en constant devenir ou progrès, au sens étymologique. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve disait le philosophe. Il ne sert donc à rien de ressasser son autrefois au détriment d'un présent tout en fluidité et mouvance ; c'est ce que la rencontre d'Oblomov dernièrement au Théâtre de l'Archipel nous a enseigné. Sus à la nostalgie (voilà qui fait écho à la léthargie!) et plus encore au passéisme.
 

Illustration : Oblomov

Publié dans Parle à mon Q.I.

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duglaïeul ferdinand 28/10/2015 10:15

Moi, messieurs de la Licorne, j'ai fait la guerre: Roncevaux, Arcole, le Chemin des Dames, Dunkerque et le Monte Casino, et je revendique mon origine franco-française inscrite dans les registres d'état-civil depuis Saint-Louis. Alors en avant tutti i maï morirem (traduction pour les illettrés: En avant, tous en- semble et nous ne mourirons jamais).

lesipide 28/10/2015 10:03

Moi, Monsieur de l'Insipidité, je suis prêt à défendre nos frontières et notre intégrité historique autant que culturelle. Je garde à cette fin une escopette d'époque, soigneusement huilée que je range dans mon vaisselier. I en davant, maï morirem.. Vizca Catalunya lliure i independenta.

Bernard 28/10/2015 08:29

J'approuve de la première à la dernière ligne. Si c'est cela être insipide, alors je le proclame : l'insipidité au pouvoir !