Vide grenier.

Publié le par Michel Gorsse

Vide grenier.

Elle était noire la valoche. Pas plus grande que trois baise-en-ville avec des autocollants dessus. Le Mont St Michel, Venise, Séville, Knokke-le-Zoute. Cabossée, gauchie, éraflée de partout, en un mot bonne pour le tout-venant. Je ne l’ai même pas marchandée et l’ai acquise pour un euro symbolique. La belle affaire.

J’ai filé derechef jusqu’au Mont St Michel, peut-être retrouverait-elle la mémoire. Vainement je l’ai questionnée avec des attentions de psychanalyste. Je l’ai secouée aussi, perdant quelque peu mon sang froid. Muette, pas un souvenir. Je m’étais trompé. Elle ne serait pas le personnage de mon prochain roman. Je l’ai jetée.

C’était la grande marée.

 

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