Valse blanche

Publié le par Sylviane Blineau

Valse blanche

 

A pas glissés, pas chavirés, elle miroite dans l'heure blanche : tulle en pétales mincis, jaune miel, comme une poignée de jours sous un marteau de lumière.

 

Pas encore la transe mais des balancements, une spirale oscillante avant l'explosion libératrice...

 

Papillons dans l'éternel d'une seconde, étranges comme un bouquet de neuf tulipes, les ombres se coulent en arabesques pour dessiner au sol tout ce que les livres ne savent pas encore.

 

Bientôt la vie, glissante telle une poignée de jours, prête à se dissoudre dans une mort voisine du plaisir...

 

Elle danse, pâle, anémiée. Elle veut ignorer l'imminence de l'accomplissement fatal : les relents de lune n'ont pas encore transgressé les interdits bleus.

 

A pas perdus, elle s'élance pour mieux sculpter sa révérence, mieux redescendre en courbes ondoyantes.

 

Car elle le pressent, la ruche va se refermer sur des grésillements annonciateurs de neige.

 

Une saison s'achève.

 

En gris, bientôt, l'ultime valse, les pétales racornis tremblants, en attente du final. Les livres auront appris la fugacité d'un halo de tulipes.

 

Publié dans ESSEBÉ

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